Ostensiblement intense.
Le vingtième siècle trop "visuel"? Le dix-neuvième trop descriptif? Et pourquoi pas le dix-huitième trop rationnel, le dix-septième trop classique, le seizième trop renaissance, Pouchkine trop russe et Sophocle trop mort? Comme si les relations entre l'homme et le livre avaient besoin de siècles pour s'espacer. Quelques années suffisent. Quelques semaines. Le temps d'un malentendu. A l'époque où, au pied de son lit, nous évoquions la robe rouge du Petit Chaperon, et, jusqu'aux moindres détails, le contenu de son panier, sans oublier les profondeurs de la forêt, les oreilles de grand-mère si velues soudain, la chevillette et la bobinette, je n'ai pas le souvenir qu'il trouvait nos descriptions trop longues. Ce ne sont pas des siècles qui se sont écoulés depuis. Mais ces moments qu'on appelle la vie, auxquels on donne des allures d'éternité à coups de principes intangibles : "Il faut lire."
S'il en demeure dix, je serai le dixième;
Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui là.
# Posted on Monday, 19 May 2008 at 2:01 PM
Edited on Saturday, 27 December 2008 at 4:52 PM